Le grand démarrage national de la radio numérique terrestre DAB+ en France

Le média préféré des français fait sa troisième révolution en passant à la radio numérique DAB+

Mardi 12 octobre 2021, l’ensemble des radios françaises démarre ses diffusions sur la nouvelle bande de fréquences DAB+

En ce mardi 12 octobre 2021, après dix années d’hésitations, d’essais techniques, de luttes internes, de combat de chapelles, de changement de pouvoirs, la radio, ce média préféré des français et des gens dans le monde, celle qui bénéficie aux yeux de tous de la plus grande crédibilité, la radio fait sa troisième révolution technique, citoyenne et stratégique en passant à la radio numérique terrestre DAB+.

Toutes les grandes radios historiques françaises, de France Inter à RTL, de NRJ à Skyrock, de Europe 1 à France Info débutent, enfin, leur diffusion sur la nouvelle bande de fréquences DAB+

Mais qu’apporte le DAB+ pour les auditeurs ? Quels sont ses avantages ?

La qualité du son (proche du son d’un cd), l’arrivée de nouvelles radios dans tout l’hexagone (telles que Crooner Radio, qui se déploie sur une couverture nationale), l’arrivée d’images couleurs et fixes d’affichant sur les écrans des autoradios nouvelle génération et des récepteurs radio multifonctions high tech.

Mais alors, il va falloir changer d’autoradio et jeter à la poubelle la vielle radio FM de la cuisine ?

L’ensemble des autoradios sont désormais FM et DAB+ sur les voitures nouvelle génération (une loi l’impose aux fabricants automobiles, libre à vous de bien vérifier que l’autoradio propose bien la bande « DAB » et, le cas contraire, le revendeur sera obligé de faire activer la fonction DAB+ de votre autoradio). Idem pour les récepteurs individuels qui doivent comporter le logo vert et blanc DAB+

Mais c’est quoi la différence avec la FM ?

La FM est une bande de fréquences analogiques, un peu comme la télé des années 70, avec l’écran bombé et la neige sur l’écran, avec les 5 chaînes principales.

Le DAB+ c’est un peu comme la TNT pour la télévision : on reçoit gratuitement les ondes avec une qualité numérique qui fait que l’image et le son sont d’une définition exceptionnelle.

Et pourquoi ne pas écouter la radio sur son smartphone ou sur internet ? Ça marche !

Ça n’est pas possible techniquement, démocratiquement et financièrement :

Techniquement : sur une agglomération comme le grand Paris (12 millions d’auditeurs potentiels), l’écoute de la radio via la 4G ou la 5G, en masse, poserait d’énormes problèmes (bande passante saturée, coût énorme pour les radios et pour les auditeurs…). Le gouvernement a compris cela lors de l’attentat au Stade de France en 2015 : les gens n’arrivaient pas à écouter la radio sur leur smartphone, car sur des concentrations dépassant 500 personnes, il n’y a plus de bande passante 4G et les smartphones ont été privés de la petite puce FM et DAB+ permettant l’écoute radio normale (stratégie mercantile).

Démocratiquement : l’écoute de la radio en FM ou DAB+, par la voix des ondes, est gratuite et non « traçable », à savoir que si vous écoutez la radio sur votre smartphone (3-4-5 G) vous êtes tracés et vos données sont récupérées.

Financièrement : la diffusion radio par la voix des ondes (en GO, en FM et maintenant en DAB+) est la seule permettant d’offrir des programmes gratuitement dans un pays entier (les auditeurs n’ont pas à payer d’abonnement). D’autre part, les coûts de diffusion pour les radios sont moindres en technologie DAB+, plus « propre », plus « green » et moins énergivore que les anciennes grandes ondes ou la bande FM.

Un peu d’histoire :

En 1921, sur la tour Eiffel, arrive la radio en grandes ondes.

En 1981, arrive la radio qualité stéréo avec une nouvelle bande de fréquences nommée FM. En fait cette technologie existait depuis les années 60, mais les grandes radios historiques n’étaient pas pressées de voir arriver tous ces jeunes et leurs nouveaux programmes ( NRJ, Skyrock, les radios libres…) et pourtant, tel fut le cas, grâce au Président Mitterrand qui voyait là un moyen de séduire les jeunes.

Et donc, à son tour, la bande de fréquences DAB+ a mis du temps pour arriver ?

Le procédé de radio numérique hertzienne (par la voix des ondes, mais de qualité numérique) existe depuis les années 90 (un « Club DAB » existait en France, présidé par Roland Faure, grand homme de médias et visionnaire qui avait même présenté le procédé, en 1995, avec une expérimentation dans une voiture au célèbre salon de l’auto pour le Président Jacques Chirac !). D’autres expérimentations auront lieux, avec la collaboration des radios à Paris et ailleurs.

Ce n’est qu’en 2009 que les choses commencent à bouger officiellement, quand le CSA décrète d’ouvrir aux radios des fréquences nouvelles et de démarrer la « Radio Numérique Terrestre », à l’image de nos voisins anglais qui venaient de la faire.

En 2009, le projet pour améliorer la qualité d’écoute de la radio en France s’intitulait « Radio Numérique Terrestre » et non pas DAB+ (c’est la même chose), à savoir que la radio continuait d’émettre par la voix des ondes, mais avec une qualité de son HD, d’origine digitale.

Le projet c’était Radio Numérique Terrestre (en référence à la Télévision numérique terrestre TNT) et la bande de fréquences permettant ce changement, la norme technique est le DAB qui deviendra DAB+.

Et pourquoi ça n’arrive que maintenant ?

Comme pour la FM (qui a mis 20 ans à arriver) comme pour la TNT (qui a mis aussi quelques années à arriver), il faut savoir que pour les radios et les télévisions déjà « solidement installées » sur une ancienne technologie de diffusion, il est peu intéressant de passer rapidement à une autre norme de diffusion, car cela exige souvent une « double diffusion » : c’est-à-dire que l’on diffuse sur l’ancienne norme pour le grand public déjà équipé de récepteurs et on doit diffuser, dans le même temps sur la nouvelle norme, pour un public souvent non encore équipé en récepteurs.

Cela veut dire que je peux encore conserver mon récepteur FM ?

Oui, car pendant encore quelques années les grandes radios devront continuer à diffuser en FM pour ne pas choquer l’auditeur ne souhaitant pas renouveler son parc de récepteurs (plusieurs dans la maison, sans compter la voiture). Pour information la diffusion en grandes ondes (GO, très coûteuse pour les radios) a été définitivement interrompue, seulement ces dernières années…

A signaler que pour les voitures récentes, les autoradios sont mis à jour pour recevoir les bandes FM et DAB+

Et si j’achète un récepteur DAB+, vais-je recevoir partout en France ?

Oui à terme (2022-2023), mais pour l’instant les villes couvertes sont : Paris – Marseille – Nice – Cannes – Toulon – Bordeaux – Toulouse – Lyon – Strasbourg – Lille – Rennes – Nantes – Rouen – Avignon et vont arriver Tours, Orléans, Caen, Poitiers…et peu à peu l’ensemble des grandes agglomérations Françaises, les moyennes et les petites (2023-2024)

Concernant les grandes radios périphériques et nationales (de France Inter à Europe 1), depuis le 12 octobre 2021, elles émettent sur les grandes villes et les autoroutes situées entre Paris et Lyon et entre Lyon et Nice. La diffusion sur les autoroutes, très coûteuse pour les radios, va permettre d’écouter une radio sur autoroute, sans interruption de programme.

Quels vont être les nouvelles radios disponibles en France ?

La plupart des radios émettant en DAB+ existent déjà en FM, mais ne couvraient pas certaines zones de diffusion : grâce au DAB+, elles vont exister dans de nouvelles villes et donc venir grossir le nombre de radios disponibles. Et tout cela avec le concours du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel qui « attribue » les fréquences à des radios qui, de par un réel travail de création, mérite l’agrément en garantissant aux auditeurs, pluralité, culture, informations et propos à l’antenne excluant la haine et autres discours réellement subversifs.

Seules des radios telles que Crooner Radio ou Radio Pitchoun (la radio des enfants) sont entièrement nouvelles « Pure Player DAB+ ». Ajoutons à cela des radios associatives, des déclinaisons de radios existantes (ex « FG Chic ») ou encore des déclinaisons de médias TV (« BFM Radio ») et vous comprendrez qu’en moyenne, par ville, le nombre de radios peut facilement doubler.

Le mot de la fin ?

La Radio, dans notre monde heurté, va se renouveler, continuer à étonner, se diversifier (émissions et chroniques en réécoute, création publicitaire plus « douce » pour les auditeurs) et surtout surprendre, car la voix est en train de dépasser l’image, ces dernières années, d’où le succès immense et international du Podcast Audio.

C’est aux radios à présent de prouver que les algorithmes des plateformes de streaming ne pourront jamais rivaliser avec l’imagination humaine et sa sensibilité.

Bonne écoute à tous Jean-Baptiste TUZET Président fondateur de Crooner Radio, nouvelle radio française nationale « Pure player » de l’aventure DAB+

Voir le communiqué de presse du CSA