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Frank Sinatra & Antonio Carlos Jobim : l’alliance absolue entre classe musicale américaine des grands studios et poésie brésilienne

Une rencontre au sommet : 1967, l’année de la grâce et deux albums mythiques en stéréo

Lorsque Frank Sinatra invite Antonio Carlos Jobim à Los Angeles en 1967, il est déjà The Voice, l’un des grands patrons de la variété américaine, revenu depuis longtemps de sa courte traversée du désert du début des années 50. Sa propre compagnie de disques (Reprise Records) lui permet même de réenregistrer ses albums d’après guerre. Antonio Carlos Jobim, lui, est l’architecte de la bossa nova, auteur de Garota de Ipanema, Desafinado, Corcovado ou Águas de Março. Leur rencontre n’a rien d’un simple duo : c’est la fusion de deux écoles musicales qui, jusque‑là, s’ignoraient presque.

Sinatra, séduit par la délicatesse harmonique de Jobim, veut explorer un registre plus feutré, plus intimiste. Jobim, admiratif de Sinatra depuis toujours, voit dans cette collaboration une reconnaissance mondiale pour la musique brésilienne qu’il a largement contribué à créer depuis le début des années 60. Le producteur Sonny Burke orchestre le tout avec une sobriété et une élégance hors du commun, soutenant les mélodies et la rhythmique bossa-nova avec une formation à la fois, sobre et sophistiquée, de cuivre et de cordes .

Sinatra & Jobim : Deux géants… entourés d’une élite absolue

Si la magie Sinatra–Jobim semble couler de source, elle repose aussi sur un cercle de musiciens de très haut niveau dans un studio hollywoodien. En effet, l’album est enregistré le 30 Janvier et le 1er février 1967 aux United Western Records à Hollywood, Los Angeles avec des instrumentistes triés sur le volet, habitués aux studios Capitol et aux grands enregistrements du jazz West Coast. Mais également des musiciens brésiliens pour que le côté bossa-nova prenne tout son sens, on peut citer par exemple le génie de la rhythmique bossa nova Don Um Romao, véritable métronome, qui joua notamment avec Astrud Gilberto, Sergio Mendes, Cannonball Adderley, Tony Bennett

Leur rôle : créer un écrin si parfait que Sinatra et Jobim n’auraient plus qu’à respirer pour faire naître la perfection.

Premier album : 1967 – Francis Albert Sinatra & Antonio Carlos Jobim : la magie opère en grand !

Pour les arrangements : Claus Ogerman, le poète des cordes

Le choix de Claus Ogerman est un coup de maître. Ce compositeur germano-américain, déjà proche de Jobim, possède un talent rare : écrire des orchestrations qui semblent flotter dans l’air comme la fumée légère d’un havane, et qui créent en quelques mesures une ambiance feutrée, intimiste, nocturne et cinématographique absolument unique.

Comme une rolex sur un coussin de velour

Ogerman, est tellement perfectionniste, qu’il réécrit certaines parties de cordes la veille de l’enregistrement pour “laisser plus d’espace à la respiration de Sinatra”. Il dira plus tard :

« Sinatra n’a pas besoin d’un orchestre, il a besoin d’un halo. » Claus Ogerman

Antonio Carlos Jobim s’affirme à la guitare, piano, voix

Jobim n’est pas seulement le compositeur : il est l’âme sonore du projet. Sa guitare nylon, captée très près du micro, devient presque un chuchotement rythmique. Lors de l’enregistrement du célèbre The Girl from Ipanema, Sinatra plaisante :

« Tom, you play so quietly I’m afraid to breathe too loud. » Jobim répond : « That’s the idea, Frank. »

Pour comprendre la qualité du travail, il est intéressant d’écouter dans les bonus de l’album Francis Albert Sinatra & Antonio Carlos Jobim (50th Anniversary Edition) la session studio complète pour The Girl From Ipanema, 11 minutes d’absolue bonheur pour comprendre la genèse de cette alchimie parfaite :

Frank Sinatra, “the voice” se réinvente pour l’occasion.

Sinatra quant à lui, adopte ici un phrasé minimaliste, presque murmuré. Il dira plus tard que chanter avec Jobim était “comme marcher sur du sable chaud sans faire de bruit”.

Avec des cordes hollywoodiennes et l’élite des studios

On retrouve dans ces sessions les meilleurs musiciens de Los Angeles, dont plusieurs habitués des sessions de Nelson Riddle et Gordon Jenkins.

Parmi eux :

  • Harry Bluestone – violon solo, figure mythique des studios.
  • Victor Arno, Israel Baker, Sid Sharp – piliers du Hollywood String Quartet.
  • Edgar Lustgarten – violoncelle, connu pour son son ample et cinématographique.

Anecdote :
Les musiciens racontent que Sinatra, d’ordinaire très directif, leur demande ici :

« Jouez comme si vous étiez en train de regarder la mer. » Une phrase qui deviendra un mantra de la session.

Notre selection des plus beaux titres de l’album Francis Albert Sinatra & Antonio Carlos Jobim de 1967 :

1. The Girl from Ipanema

Le classique absolu. Sinatra y adopte un phrasé d’une retenue presque fragile, laissant Jobim respirer la mélodie. C’est la version la plus feutrée et la plus élégante jamais enregistrée.

2. Dindi

Un sommet de douceur. Sinatra y trouve une profondeur mélancolique rare, soutenu par les cordes de Claus Ogerman.

3. Quiet Nights of Quiet Stars (Corcovado)

La quintessence de la bossa orchestrée. Sinatra murmure plus qu’il ne chante, et l’on a l’impression d’être dans un salon feutré de Rio au crépuscule.

4. How Insensitive (Insensatez)

Un chef‑d’œuvre d’équilibre entre mélancolie brésilienne et sophistication américaine. Sinatra y est d’une justesse émotionnelle bouleversante.

5. I Concentrate on You

Ce classique du Grand Repertoire Américain enregistré dans les années 1960 est ici complètement transfiguré dans le style Bossa-Nova, c’est également le cas pour Change Partners et Baubles, Bangles And Beads

1971 – Sinatra & Company : une équipe élargie, plus brésilienne, plus libre et nouvel et fabuleux album qui entrera dans l’histoire de la musique populaire américaine.

img-pochette-sinatra-jobim-album-inedit-cassette-8-pistes

Sinatra-Jobim, pochette de l’album inédit de 1969

En 1969, cherchant à recréer l’atmosphère du premier opus, Sinatra et Jobim collaborent à nouveau pour un album qui devait s’intituler Sinatra-Jobim, cette fois-ci Eumir Deodato et Don Costa se partagent les arrangements.  Pour cette seconde collaboration, l’ambiance change complètement : plus de rythme, plus de couleurs, plus de cuivres. Le projet sera finalement plus ou moins abandonné et publié sous forme de Cassette 8-pistes puis retiré du marché, l’ensemble des titres enregistrés durant cette session de 1969 sera dispatché dans plusieurs sorties, 7 titres figurent sur l’album hybride Sinatra & Company, le titre Sabia sortira sur le 45 tours de Lady Day et Bonita dans une compilation « The Complete Reprise Studio Recordings »

Eumir Deodato, le prodige signe les arrangements

Deodato, alors jeune arrangeur brésilien, apporte une énergie nouvelle. Il deviendra plus tard célèbre pour son Also Sprach Zarathustra version funk. Deodato raconte que Sinatra lui dit en studio :

« Kid, your charts are so smooth I could drink them. »

Jobim quant à lui est encore plus présent dans cet opus, Il joue davantage de piano, chante plus, et guide les musiciens dans l’esprit brésilien.

Avec les percussions brésiliennes authentiques

On retrouve ici de véritables spécialistes :

  • Airto Moreira (selon certaines sources) – maître des percussions brésiliennes, collaborateur de Miles Davis.
  • Dom Um Romão – percussionniste brésilien de Weather Report, parfois crédité officieusement.

Les cuivres de la West Coast

Bien que discrets, certains cuivres et bois de la scène californienne participent à l’album, notamment :

  • Bud Shank – flûte, figure du jazz West Coast.
  • Ronnie Lang – saxophone, habitué des sessions Sinatra.

Les meilleurs tires à écouter de l’album inédit Sinatra-Jobim de 1969  :

6. Drinking Water (Aqua De Beber)

L’élégance absolue sur cette parabole philosophique et très poétique de l’amour et du cœur.

7. Wave

Sinatra y flotte littéralement, peut-être la plus belle version de cette chanson selon nous, sur des textes qui touchent à la poésie, mais peut-être également à la spiritualité pour finalement

8. Triste

Un bijou de mélancolie lumineux. Sinatra y est d’une élégance souveraine, Jobim d’une finesse désarmante.

9. One Note Samba (Samba de Uma Nota Só)

Sinatra s’amuse avec les syncopes, et l’on sent une complicité presque enfantine entre les deux artistes.

10. This Happy Madness (Estrada branca)

Ces albums ne sont pas seulement des collaborations : ce sont des œuvres d’orfèvrerie collective, Aujourd’hui encore, ces enregistrement restent des références absolues de la musique très haut de gamme et nous n’avons pas peur de le dire, ils n’ont pas pris une ride et sont d’une impressionnante modernité et intemporalité. Vous pouvez retrouver l’ensemble des enregistrement de Frank Sinatra et Antonio Carlos Jobim au sein de la compilation Sinatra/Jobim: The Complete Reprise Recordings mais également sur notre webradio dédiée à Frank Sinatra.

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Frank Sinatra & Antonio Carlos Jobim : l’alliance absolue entre classe musicale américaine des grands studios et poésie brésilienne

Une rencontre au sommet : 1967, l’année de la grâce et deux albums mythiques en stéréo

Lorsque Frank Sinatra invite Antonio Carlos Jobim à Los Angeles en 1967, il est déjà The Voice, l’un des grands patrons de la variété américaine, revenu depuis longtemps de sa courte traversée du désert du début des années 50. Sa propre compagnie de disques (Reprise Records) lui permet même de réenregistrer ses albums d’après guerre. Antonio Carlos Jobim, lui, est l’architecte de la bossa nova, auteur de Garota de Ipanema, Desafinado, Corcovado ou Águas de Março. Leur rencontre n’a rien d’un simple duo : c’est la fusion de deux écoles musicales qui, jusque‑là, s’ignoraient presque.

Sinatra, séduit par la délicatesse harmonique de Jobim, veut explorer un registre plus feutré, plus intimiste. Jobim, admiratif de Sinatra depuis toujours, voit dans cette collaboration une reconnaissance mondiale pour la musique brésilienne qu’il a largement contribué à créer depuis le début des années 60. Le producteur Sonny Burke orchestre le tout avec une sobriété et une élégance hors du commun, soutenant les mélodies et la rhythmique bossa-nova avec une formation à la fois, sobre et sophistiquée, de cuivre et de cordes .

Sinatra & Jobim : Deux géants… entourés d’une élite absolue

Si la magie Sinatra–Jobim semble couler de source, elle repose aussi sur un cercle de musiciens de très haut niveau dans un studio hollywoodien. En effet, l’album est enregistré le 30 Janvier et le 1er février 1967 aux United Western Records à Hollywood, Los Angeles avec des instrumentistes triés sur le volet, habitués aux studios Capitol et aux grands enregistrements du jazz West Coast. Mais également des musiciens brésiliens pour que le côté bossa-nova prenne tout son sens, on peut citer par exemple le génie de la rhythmique bossa nova Don Um Romao, véritable métronome, qui joua notamment avec Astrud Gilberto, Sergio Mendes, Cannonball Adderley, Tony Bennett

Leur rôle : créer un écrin si parfait que Sinatra et Jobim n’auraient plus qu’à respirer pour faire naître la perfection.

Premier album : 1967 – Francis Albert Sinatra & Antonio Carlos Jobim : la magie opère en grand !

Pour les arrangements : Claus Ogerman, le poète des cordes

Le choix de Claus Ogerman est un coup de maître. Ce compositeur germano-américain, déjà proche de Jobim, possède un talent rare : écrire des orchestrations qui semblent flotter dans l’air comme la fumée légère d’un havane, et qui créent en quelques mesures une ambiance feutrée, intimiste, nocturne et cinématographique absolument unique.

Comme une rolex sur un coussin de velour

Ogerman, est tellement perfectionniste, qu’il réécrit certaines parties de cordes la veille de l’enregistrement pour “laisser plus d’espace à la respiration de Sinatra”. Il dira plus tard :

« Sinatra n’a pas besoin d’un orchestre, il a besoin d’un halo. » Claus Ogerman

Antonio Carlos Jobim s’affirme à la guitare, piano, voix

Jobim n’est pas seulement le compositeur : il est l’âme sonore du projet. Sa guitare nylon, captée très près du micro, devient presque un chuchotement rythmique. Lors de l’enregistrement du célèbre The Girl from Ipanema, Sinatra plaisante :

« Tom, you play so quietly I’m afraid to breathe too loud. » Jobim répond : « That’s the idea, Frank. »

Pour comprendre la qualité du travail, il est intéressant d’écouter dans les bonus de l’album Francis Albert Sinatra & Antonio Carlos Jobim (50th Anniversary Edition) la session studio complète pour The Girl From Ipanema, 11 minutes d’absolue bonheur pour comprendre la genèse de cette alchimie parfaite :

Frank Sinatra, “the voice” se réinvente pour l’occasion.

Sinatra quant à lui, adopte ici un phrasé minimaliste, presque murmuré. Il dira plus tard que chanter avec Jobim était “comme marcher sur du sable chaud sans faire de bruit”.

Avec des cordes hollywoodiennes et l’élite des studios

On retrouve dans ces sessions les meilleurs musiciens de Los Angeles, dont plusieurs habitués des sessions de Nelson Riddle et Gordon Jenkins.

Parmi eux :

  • Harry Bluestone – violon solo, figure mythique des studios.
  • Victor Arno, Israel Baker, Sid Sharp – piliers du Hollywood String Quartet.
  • Edgar Lustgarten – violoncelle, connu pour son son ample et cinématographique.

Anecdote :
Les musiciens racontent que Sinatra, d’ordinaire très directif, leur demande ici :

« Jouez comme si vous étiez en train de regarder la mer. » Une phrase qui deviendra un mantra de la session.

Notre selection des plus beaux titres de l’album Francis Albert Sinatra & Antonio Carlos Jobim de 1967 :

1. The Girl from Ipanema

Le classique absolu. Sinatra y adopte un phrasé d’une retenue presque fragile, laissant Jobim respirer la mélodie. C’est la version la plus feutrée et la plus élégante jamais enregistrée.

2. Dindi

Un sommet de douceur. Sinatra y trouve une profondeur mélancolique rare, soutenu par les cordes de Claus Ogerman.

3. Quiet Nights of Quiet Stars (Corcovado)

La quintessence de la bossa orchestrée. Sinatra murmure plus qu’il ne chante, et l’on a l’impression d’être dans un salon feutré de Rio au crépuscule.

4. How Insensitive (Insensatez)

Un chef‑d’œuvre d’équilibre entre mélancolie brésilienne et sophistication américaine. Sinatra y est d’une justesse émotionnelle bouleversante.

5. I Concentrate on You

Ce classique du Grand Repertoire Américain enregistré dans les années 1960 est ici complètement transfiguré dans le style Bossa-Nova, c’est également le cas pour Change Partners et Baubles, Bangles And Beads

1971 – Sinatra & Company : une équipe élargie, plus brésilienne, plus libre et nouvel et fabuleux album qui entrera dans l’histoire de la musique populaire américaine.

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Sinatra-Jobim, pochette de l’album inédit de 1969

En 1969, cherchant à recréer l’atmosphère du premier opus, Sinatra et Jobim collaborent à nouveau pour un album qui devait s’intituler Sinatra-Jobim, cette fois-ci Eumir Deodato et Don Costa se partagent les arrangements.  Pour cette seconde collaboration, l’ambiance change complètement : plus de rythme, plus de couleurs, plus de cuivres. Le projet sera finalement plus ou moins abandonné et publié sous forme de Cassette 8-pistes puis retiré du marché, l’ensemble des titres enregistrés durant cette session de 1969 sera dispatché dans plusieurs sorties, 7 titres figurent sur l’album hybride Sinatra & Company, le titre Sabia sortira sur le 45 tours de Lady Day et Bonita dans une compilation « The Complete Reprise Studio Recordings »

Eumir Deodato, le prodige signe les arrangements

Deodato, alors jeune arrangeur brésilien, apporte une énergie nouvelle. Il deviendra plus tard célèbre pour son Also Sprach Zarathustra version funk. Deodato raconte que Sinatra lui dit en studio :

« Kid, your charts are so smooth I could drink them. »

Jobim quant à lui est encore plus présent dans cet opus, Il joue davantage de piano, chante plus, et guide les musiciens dans l’esprit brésilien.

Avec les percussions brésiliennes authentiques

On retrouve ici de véritables spécialistes :

  • Airto Moreira (selon certaines sources) – maître des percussions brésiliennes, collaborateur de Miles Davis.
  • Dom Um Romão – percussionniste brésilien de Weather Report, parfois crédité officieusement.

Les cuivres de la West Coast

Bien que discrets, certains cuivres et bois de la scène californienne participent à l’album, notamment :

  • Bud Shank – flûte, figure du jazz West Coast.
  • Ronnie Lang – saxophone, habitué des sessions Sinatra.

Les meilleurs tires à écouter de l’album inédit Sinatra-Jobim de 1969  :

6. Drinking Water (Aqua De Beber)

L’élégance absolue sur cette parabole philosophique et très poétique de l’amour et du cœur.

7. Wave

Sinatra y flotte littéralement, peut-être la plus belle version de cette chanson selon nous, sur des textes qui touchent à la poésie, mais peut-être également à la spiritualité pour finalement

8. Triste

Un bijou de mélancolie lumineux. Sinatra y est d’une élégance souveraine, Jobim d’une finesse désarmante.

9. One Note Samba (Samba de Uma Nota Só)

Sinatra s’amuse avec les syncopes, et l’on sent une complicité presque enfantine entre les deux artistes.

10. This Happy Madness (Estrada branca)

Ces albums ne sont pas seulement des collaborations : ce sont des œuvres d’orfèvrerie collective, Aujourd’hui encore, ces enregistrement restent des références absolues de la musique très haut de gamme et nous n’avons pas peur de le dire, ils n’ont pas pris une ride et sont d’une impressionnante modernité et intemporalité. Vous pouvez retrouver l’ensemble des enregistrement de Frank Sinatra et Antonio Carlos Jobim au sein de la compilation Sinatra/Jobim: The Complete Reprise Recordings mais également sur notre webradio dédiée à Frank Sinatra.

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